La semaine dernière, nous nous sommes promenés ensemble sur le très beau et très intime lac d’Aiguebelette situé au sud ouest de Chambéry. Je vous ai laissé pour aller passer la nuit à quelques kilomètres de là, à peine, à La Grange du Paris, une chambre d’hôte chaleureuse et en pleine campagne. Le lendemain matin, je me suis habillée en contemplant par la fenêtre une verte et grasse campagne dans laquelle un âne menait douce vie m’a-t-il semblé. Puis, Michelle de l’agence de voyage sur mesure 1786.travel m’a emmené au ravissant village de Chanaz, surnommé la petite Venise savoyarde

Situé au nord ouest du Lac du Bourget, au cœur de la Chautagne, ce très joli village de quelques 500 âmes abrite les ateliers et boutiques de nombreux artisans. Outre que la promenade dans ses ruelles est un vrai plaisir pour le flâneur. Le curieux, lui, trouvera, de surcroît, à découvrir, à déguster, à rapporter…

Surnommé aussi – et plus justement, à mon humble avis, – le village des cinq sens, Chanaz parle à l’odorat des gourmets avec ses odeurs de noix et de noisettes, de café fort ou de chocolat. Ce matin là, très doux, tout beau, aux abords du moulin de Chanaz, la noix et la noisette se mêlent à la suavité des acacias croulant en grappes épaisses sur les arbres alentours. A travers les branchages, au milieu de tout ce vert et de ce blanc, la roue du moulin tourne, répandant une fraîcheur bienfaisante.

A l’intérieur du moulin, Patrick, ancien boulanger, devenu moulinier par passion, m’explique qu’il cherche à retrouver dans la noisette ou la noix qu’il moud toute la finesse d’une farine. En effet, entre mes doigts la texture de ce fruit sec, broyé, écrasé sous l’impressionnante meule de pierre régie par la roue à augets est d’une fluidité, j’ajouterai même, d’une douceur remarquables. Et quand je goûte dans une petite cuillère un peu de ses huiles, mon verdict est sans appel. Je n’ai clairement JAMAIS goûté des huiles de noix et de noisette de cette qualité, de ce parfum, de cette suavité. Quand je repars sur le chemin blanchi d’acacias, j’emporte deux précieuses bouteilles avec moi.

Alléchée par ma précédente découverte, un peu plus bas au sein du village, je franchis le seuil de la brûlerie de Chanaz. Le lieu est aussi intéressant que le moulin puisque Didier le torréfacteur a reconverti en brûlerie une vieille cave du XVème siècle devenu entre temps un relais de poste. Cet amoureux du café, qui se qualifie lui-même de cuisinier du café, accueille les visiteurs le matin. Ses torréfactions sont traditionnelles et la mouture du café se fera en fonction du choix du client. « Un bon café doit être le plus simple possible » me dit-il. Ses cafés proviennent d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Inde ou de Papouasie (l’un de mes cafés préférés). L’après-midi, le merveilleux arôme emplit les ruelles car Didier torréfie…

En sortant de la brûlerie, un peu plus haut sur la droite, j’entre dans une chocolaterie sans prétention extérieur. Je pourrais même dire- si je n’avais pas été prévenu de la grande qualité de ses chocolats – qu’ici je trouverai probablement les produits les plus simples et sans intérêt. Aussi ma surprise est-elle grande lorsque je découvre (et déguste !) des chocolats d’un goût rare, celui de la fabrication artisanale…entièrement à la main. En dehors des truffes en chocolat, moulées à la main par ma mère pour les fêtes de Noël dans mon enfance, je n’ai plus mangé ensuite de chocolats fait maison. Ici, le chocolatier travaille avec, notamment, les produits réalisés en haut, au moulin, par notre moulinier, mais aussi des produits frais qui viennent de petits producteurs. Il cultive ses plantes et ses fruits pour les introduire dans ses créations et travaille tout à la main sans aucune mécanisation selon une méthode ancestrale très rare. De cette petite production qui ne recherche jamais le rendement sort des chocolats uniques dont le Royal premium, par exemple, est à mon sens un pur bonheur…fondant et subtil…

En reportage, mon estomac se doit d’être extensible et développe une faculté d’adaptation qui m’étonne toujours… Enchaînant, le goût de la noix, le parfum du café, le savoureux du chocolat, je grimpe avec Michelle et notre cicerone en ce pays : Emmanuelle Gence, sur les hauteurs du village à la Ferme du Bulle pour une dégustation de vins. Ici, en guise d’apéritif, les vins de Savoie crus de Chautagne, sont accompagnés de fromages, de charcuterie du terroir et d’une histoire, d’un petit spectacle. C’est drôle avec pour prétention de détendre et de rendre l’appréhension du vin agréable et facile, loin des poncifs.

Le “Tout Moche” du Relais Gourmand.

En redescendant vers les quais, je m’arrête devant une brasserie qui fait de la bière au pur malt sans sucre ajouté, délicieuse… Au Relais Gourmand, je découvre la recette familiale du « célèbre » gâteau Tout Moche qui, s’il est (relativement) moche, est bon ! N’hésitez pas à demander que l’on vous raconte l’histoire du gâteau Tout Moche… Et je passe devant un brocanteur amoureux des vinyls, une mine d’or, un repère !

Et enfin, je monte dans le bateau à aube, en bois, si joli, qui est amarré et bientôt emprunte le canal de Savières. Ce canal permet de relier le Rhône et le lac du Bourget. Il est donc l’émissaire du lac du Bourget et est un des rares cas de cours d’eau d’Europe dont le cours peut s’inverser naturellement et en intégralité lors des crues du Rhône. Le niveau du lac du Bourget peut alors monter de plusieurs mètres, les eaux du Rhône s’ajoutant à celles de ses affluents.

La promenade est réellement charmante sur cette eau d’un vert sorcière comme je l’aime. Une nouvelle odeur monte jusqu’à moi, un parfum de rivière sur laquelle tombe des bouquets de cotons de peupliers blancs qui bordent les rives du canal.

Je savoure le calme et la douceur de ce temps de contemplation de la nature dans un rythme que j’aime… celui du lent glissement d’un bateau sur l’eau.

Je passerai la nuit au Doux Nid, dans une chambre charmante et offrant une vue des plus romantiques sur les quais du Canal de Savières. A l’aube, le village semble sortir d’un conte de fées… Je lui fais mes adieux avant de rejoindre Le lac du Bourget.

MON CARNET DE NOTES

Se promener 

Pour faire une croisière sur le canal de Savières et pénétrer de façon originale sur le lac du Bourget : Chanaz Croisières – balade silencieuse et sans odeur en parfaite harmonie avec la faune et la flore du canalv- Tel 04 79 35 88 85 info@chanaz-croisieres.fr www.chanaz-croisieres.fr Navigation de 1h à 1h15 : Adultes : 13 euros, Enfants : 7 euros.

Pour acheter des vinyls et autres merveilles d’un antan pas si vieux : Brocante de Chanaz Centre du Village 73310 Chanaz auton@rougetendance.fr

Déguster, savourer, se pourlécher…

Le Moulin de Chanaz Chemin de la Fontaine – 73310 Chanaz tel : 07 86 70 78 69 – lemoulindechanaz@gmail.com www.moulindechanaz.com

La Brûlerie de Chanaz 82 montée du Fort – 73310 Chanaz www.bruleriedechanaz.com

Chocolaterie artisanale de Chautagne – Le Fort, 46 rue de l’Auberge, 73310 Chanaz tel : 04 79 54 42 79 ou 06 25 27 42 99. Ouvert de 10h à 12h et de 14h à 18h30 sauf le lundi.

Pour une dégustation de vins de Savoie à la ferme – La Ferme Bulle –Praille – 73310 Chanaz. Tel : 06 26 88 08 35 lafermedubulle@livre.fr www.lafermedubulle.fr

Brasserie de Chanaz – Bière du Biez – vente et dégustation – rue de la montée du Fort – 73310 Chanaz. De 14h à 19h Tel : 04 79 52 22 19/ 06 59 47 93 80 http://brasseriedechanaz.blogspot.fr brasserie.de.chanaz@gmail.com

Pour retrouver le « Tout Moche » pas si moche : Le Relais Gourmand 501 route du canal, 73310 Chanaz www.le-doux-nid.com/relais-gourmand

Se loger 

Le Doux Nid – 501 route du canal, 73310 Chanaz www.le-doux-nid.com

Se renseigner

Maison de Chanaz – Place Antoine Gianetto – 73310 Chanaz – Tel : 04 79 54 59 59/ 04 79 54 27 94. www.chanaz.fr

Ce reportage a pu se faire grâce à l’agence de voyage 1786.travel qui réalise sur mesure tous les petits (même très petits) et grands (même les TRES grands) rêves de voyage classiques, rares ou exceptionnelles dans les Alpes. https://1786.travel/ damien@1786.travel Tel : 07 88 37 08 71 et michelle@1786.travel Tel : 06 64 02 15 56