A Ax-les-Thermes, célèbre station, les bienfaits des eaux sulfurées, sodiques, riches en soufre, en silice, en sodium sont à la portée de tous dans des établissements thermaux comme dans la ville. Ces eaux, les plus chaudes des Pyrénées, soignent les rhumatismes et les voies respiratoires. Un peu plus au centre du département et à 780m d’altitude, dans les thermes de Aulus-les-Bains, les eaux plus froides, sulfatées, calciques et magnésiennes, permettent de faire une cure dépurative et tonique.

Ax-les-Thermes

Quand j’entre dans la ville d’Ax-les-Thermes la légère odeur très caractéristique du souffre m’indique que je suis arrivée à destination (si évidemment je n’avais pas vu le panneau à l’entrée, pas reconnu le casino, Le Grand Café etc. ce qui aurait toujours pu être possible…). Dans les vallées d’Ax, cette ville a une place particulière par ses eaux – qui lui ont donnée son nom : Ax-les-Thermes vient du latin aquae et il est vrai qu’ici elles sont partout, – embaument, embrument, délassent depuis des temps immémoriaux car libres d’accès et d’usage à toutes les époques, elles servaient tout autant à laver la laine, qu’à soigner les corps ou à faire la soupe ! Riche de ses soixante-trois sources qui chutent par différents endroits dans la ville et alimentent plusieurs établissements de bains, elle connut son apogée au XIXe siècle et au début du XXe siècle mais aujourd’hui, poursuit une belle vie…de curiste.

Ces eaux dont la température est comprise entre 43° et 78°, sortent sans interruption par différentes fontaines : soit de façon brute et fumante directement de la terre et tombent, alors, dans les torrents qui parcourent la ville ou bien sont canalisés et émergent, soit par la gueule d’un lion sculpté comme pour « la fontaine des neiges » non loin du boulevard de l’Oriège, soit dans des bassins un peu partout dans la ville soit encore dans des institutions thermales perfectionnées.

Certaines sources ont une particularité visuelle en plus, comme celle du Couzillou : sa forte teneur en « barégine », un plancton végétal thermal riche en oligo-éléments et à l’aspect filandreux donne un aspect blanchâtre et laisse un dépôt d’algues dans son bassin.

La plupart ont une haute teneur en soufre, en silice, en sodium, sulfurées et sodiques. Ainsi, elles soignent en premier lieu les rhumatismes, les maladies ORL et les voies respiratoires dans les établissements thermaux du Teich (créé en 1801 par le Dr Boulié) et du Modèle, sous forme de cure traditionnelle conventionnée de trois semaines, ou bien sous une forme plus légère dite de « Découverte » sur une semaine.

Pour ceux qui ne veulent pas faire de cure mais souhaitent vivre une rencontre avec ces eaux, deux possibilités s’offrent à eux. La première, la plus classique procure un vrai moment de détente et de bien-être. Juste en face du Grand Café, jouxtant le Casino, orné d’une superbe façade néo-classique et ouvert dès le mois d’août 1903, le Couloubret – tirant son nom de couloubrou signifiant petite couleuvre car celle-ci aime les eaux thermales -, possède 3000m2 de bains répartis sur trois espaces et alliant différentes spécificités : le Frigidarium ou bain d’eau froide, le Caldarium ou bain d’eau chaude, le Vaporium bain de vapeur naturelle, les incontournables saunas, hammams, cabines de soins etc sont accessibles à tous durant deux heures, à chaque fois qu’on le souhaite et pour un modeste tarif. (16 euros)

La seconde possibilité est, de mon point de vue, nettement plus pittoresque mais ne vous permettra pas de vous baigner le corps entièrement. Il s’agit du Bassin des Ladres (lépreux) se situant place du Breilh au cœur de la ville. Le « Barri des Bains » bâti vers 1250 est alimenté par une source à 40°C. En 1260, à la demande de St Louis, le comte Roger IV de Foix fonde une léproserie pour soigner les soldats lépreux de retour de Terre Sainte. Cet établissement a pour vocation actuelle, la rééducation fonctionnelle.

Le Bassin des Ladres toujours libre d’accès depuis sa construction est le parfait endroit pour se délasser les pieds fatigués après une randonnée en montagne ou bien une bonne journée de tourisme.

Aulus-les-Bains

Plus intimiste, peut-être, aussi, d’allure un peu plus nostalgique, le village d’Aulus-les-Bains se niche au fond de la vallée glacière du Garbet dans le Haut-Couserans. Aulus se partage en deux quartiers bien différenciés : le premier, le plus ancien, sur les hauteurs, se consacre aux activités traditionnelles d’agro-pastoralisme, le second, dans le bas du village longeant le torrent, est dévouée au tourisme et tout particulièrement au thermalisme.

Plusieurs établissements thermaux ont été construits durant le XIXe siècle et ont fait l’objet d’une exploitation progressive. Le plus important fût créé en 1872 mais disparu dans un incendie en 1947. Par contre, la grotte artificielle qui offre un vrai voyage dans le temps a été réalisée en 1873 à partir de concrétions de la grotte de Fontsainte en Vallée d’Ustou.

Elle regroupe quatre sources dont vous verrez les noms inscrits à l’intérieur de la grotte. La plus ancienne est la source « Darmagnac » non pas en référence à l’alcool mais en lien au lieutenant Darmagnac. Ce dernier, en faction à Aulus en 1822, guérit de sa syphilis par l’ingestion de l’eau de cette source et par ses bains dans le marécage alimenté par la source en question. Exit toute méfiance de ses eaux rougeâtres oscillant entre 12° et 16°, les baigneurs affluent et le propriétaire fait construite une baraque en planches avec un toit de paille pour abriter une baignoire en bois.

Très vite, on exploite d’autres sources proches, telle la « source Bacqué » et celle des « Trois Césars ». Moyennant parfois, probablement, un peu de queue, il fût donc possible de s’abreuver quotidiennement à ces quatre sources dans la fameuse grotte artificielle. Ces eaux sulfatées, calciques et magnésiennes sont particulièrement efficaces dans le traitement de l’hypercholestérolémie mais leurs propriétés sont telles qu’elles génèrent d’autres bienfaits, car on les sait : dépurative, diurétique, tonique, laxative. Ainsi, par exemple, elles traitent les surcharges pondérales et travaillent à la normalisation des bilans lipidiques, glucidiques ou protéiniques perturbés. Les cures bénéficient d’une surveillance médicale dès 1845 et d’un engouement qui durera jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui, la grotte artificielle pleine de charme et dûment entretenue, se visite, pourtant à ma connaissance, il n’est plus possible de l’utiliser pour sa fonction première. Mais bien heureusement, depuis 1979, de notables efforts ont permis la construction de nouveaux bâtiments thermaux d’où il est possible d’allier les plaisirs des cimes et les bienfaits de ces eaux aux multiples vertus. Dans un environnement particulièrement sauvage et apaisant que j’ai, personnellement, vraiment apprécié, il est, évidemment, possible de suivre une cure très spécifique, ou bien, plus simplement, de profiter de soins « bien-être » alliant modelage du corps à la bougie ou aux pochons avec un accès à l’espace détente et à la piscine.

MON CARNET DE NOTES

Séjours thermalisme santé et bien-être 09110 Ax-les-Thermes Ariège – Midi-Pyrenées. Centrale de réservation : Tel 05 61 64 68 10 reservation@vallees-ax.com

Office de Tourisme de Pays Vallées d’Ax tel : 05 61 64 60 60 www.vallees-ax.com

Les Thermes d’Aulus 09140 Aulus-les-bains Ariège- Midi-Pyrénées Tel : 05 61 66 36 80. https://www.thermes-aulus.fr/

Ce reportage a été réalisé grâce à www.ariegepyrenees.com. Mes remerciements vont en particulier à Mado Goncalvès.